Mairie de Yutz

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La Première Guerre mondiale

Annexée après la guerre de 1870, la population de Basse-Yutz et Haute-Yutz était sous occupation allemande lorsque la Première Guerre mondiale eut lieu.

Tous les hommes jusqu’à quarante ans et parfois au-delà furent appelés sous les drapeaux. De nombreuses troupes traversèrent les deux Yutz pour se rendre au front, et les Yussois (Français de souche, comme Allemands) n’eurent d’autre choix que de combattre sous l’uniforme allemand. Une centaine d’entre eux perdit la vie sur les champs de bataille.

Pendant la bataille de Verdun en 1916, la Salle Bestien fut transformée en hôpital de campagne.

Toujours en 1916, des avions français et anglais bombardèrent les installations ferroviaires (la gare et le dépôt de Thionville) à plusieurs reprises, tuant des agents de la compagnie du chemin de fer. Parmi les victimes figuraient des Yussois. Avec l’amplification des bombardements, des abris antiaériens furent construits dès 1918.

À cause des restrictions alimentaires, et en raison d’un certain manque d’organisation dans la distribution, un institut d’alimentation communale fut créé à Basse-Yutz en novembre 1916. Cette cuisine communale qui servait jusqu’à 500 repas par jour fut cependant démantelée en 1918 en raison d’une mauvaise gestion.

Un hôpital pour prisonniers de guerre fut installé dans la caserne fin août 1917. Si au départ, seuls les prisonniers russes furent accueillis, des blessés italiens et roumains arrivèrent en janvier 1918, suivis par des blessés français, anglais et des civils belges en août 1918.

Début novembre 1918, des émeutes éclatèrent dans toutes les villes de garnison. Le 11 novembre 1918, l’armistice fut signé, et il marqua la fin de la Première guerre mondiale.

Au troisième jour de l’Armistice, les casernes de Basse-Yutz furent abandonnées. Les prisonniers qui y étaient internés furent livrés à eux-mêmes, mais c’était sans compter la générosité de la population. Les sœurs-infirmières organisèrent sans tarder un service de ravitaillement qui connut un grand succès dans les villages alentour et à Thionville, à tel point que même après le départ des derniers prisonniers, il resta encore de quoi faire une distribution aux nécessiteux de la ville.

Les ressortissants allemands furent expulsés pour la grande majorité. Certains, installés depuis des décennies, furent cependant autorisés à rester à Yutz.

« À Yutz, dès le 18 novembre un détachement précurseur de l’armée occupa et sécurisa les casernes et les hangars du terrain d’aviation et remplaçait la milice civile yussoise. (…) À Basse-Yutz, un conseil municipal « de constitution » eut lieu le 25 novembre 1918. Le Commissaire de la République adjoint, M. Levy, reconduisit 7 conseillers sortants connus pour leur conduite irréprochable pendant l’annexion et en désigna 14 nouveaux, tous de bonne souche yussoise. M. Louis Houncheringer, banquier, devint le premier maire de l’après-guerre. La rédaction des comptes-rendus des premières séances de la commission municipale fut confiée à M. Guir, pharmacien qui était un des rares membres à bien maîtriser la langue française. » (Source : Trait d’Union #129, décembre 2008)

La Salle Bestien

Construite en 1911 par Joseph Seiler, à l’arrière de son restaurant de la rue Nationale, la salle Bestien fut d’abord connue sous le nom de « Konzerthalle Seiler », et elle devint le haut lieu de la vie culturelle yussoise. Chaque 27 janvier, on y fêtait l’anniversaire de Guillaume II, empereur d’Allemagne et roi de Prusse.

La première guerre mondiale mit un terme aux activités festives. La salle fut réquisitionnée par le service sanitaire de l’armée allemande et aménagée en hôpital militaire soignant les soldats atteints de maladies contagieuses.

Après le retour de l’Alsace-Moselle à la France en 1918, Joseph Seiler, citoyen allemand, fut expulsé.

En 1922, Jean Bestien racheta les deux bâtiments (le restaurant et la salle de concert) à l’Etat français. Il les exploita jusqu’en 1936, date à laquelle la gérance fut confiée à un monsieur Clement. En 1940, après l’annexion de l’Alsace-Moselle, la propriété de Jean Bestien fut spoliée par l’Etat allemand et attribuée à un ressortissant allement, Frédéric Wasser, que les Yussois appelèrent le « Wasserfritz ». La salle des fêtes fut baptisée « Das Deutsche Haus », lieu de réunion et de diffusion de la propagande nazie.

Après la libération en 1944, Monsieur Clément reprit la gérance du « Café Français ». Bien que la salle des fêtes ait subi des dégâts pendant les combats pour la libération de Yutz, l’armée américaine y organisa des concerts de jazz pour soutenir le moral de ses G.I.

En 1947, le directeur de la Brasserie, locataire principal de la salle des fêtes, dit en sorte que les travaux de réparation aient lieu le plus rapidement possible. Il fallait réparer d’urgence la toiture et le plafond fissuré, les portes des sorties de secours et les marches de l’entrée.

En 1957, Jean Bestien et son fils Marcel, reprirent à leur compte l’exploitation du Café Français et de la salle des fêtes.

Bals, concerts, théâtre, expositions, réunions associatives ou politiques, distribution de prix du Certificat d’Etudes, Fête des Mères, de Noël et de Saint-Nicolas se déroulèrent à la salle des fêtes.

En 1959, plus de la moitié des manifestations eurent lieu à la salle des fêtes.

Au début des années 80, au cours d’une réunion électorale, un appel téléphonique annonça qu’une bombe avait été cachée dans la salle. Le public fut évacué d’urgence, mais l’explosion ne se produit jamais. Il s’agissait d’un canular de mauvais goût…

En 1993, l’heure de la retraite approchant, Marcel Bestien vendit la salle à la Ville de Yutz.